Consacré à la littérature scientifique la plus variée (des ouvrages professionnels aux  » romans scientifiques « , en passant par les œuvres pédagogiques),
ce forum a pour ambition de développer un espace de dialogue entre personnalités issues de tous les horizons socio-culturels et, par là même, de contribuer à rompre le fossé qui se creuse jour après jour entre littéraires et scientifiques, chercheurs et artistes, rêveurs et rationnels. Nous collaborons avec le site DreamCareer.

Il s’adresse à tous ceux qui se soucient de la promotion et de la défense d’un enseignement et d’une recherche de qualité, d’un développement scientifique et technique conforme aux attentes des citoyens… et maîtrisable !

Matheo et le KousKous-Klan :

Quand on parle de couscous à un arabe, il faut savoir une chose. Instantanément, le goût de celui de sa mère remonte dans leurs papilles. C’est un peu comme les frites du Mc Do, à force d’en manger, on finit par croire qu’elles sont bonnes, non pas parce qu’elles le sont vraiment, mais par habitude. A la moindre frite, nous faisons une comparaison avec notre goût de « référence ». Le pire pour le couscous, c’est qu’on puisse le cuisiner de mille et une façons. Cela ouvre de vastes possibilités d’expérimentations culinaires. Je ne compte plus le nombre de participations à des séances de test de recettes.

Quand notre mère, car c’est d’elle dont il s’agit, nous demandait si c’était bon, il arrivait parfois que nous nous regardions d’un air désespéré en faisant semblant d’apprécier sa nouvelle tentative. Je dois admettre que nous avions beaucoup trop de respect pour elle, pour lui dire la vérité. Elle se prenait pour un cordon bleu et nous servait ses trouvailles plusieurs fois par mois. Je fais donc partie de cette longue lignée d’arabes qui ont été élevés au couscous. Après 24 ans de couscous-mania, je suis en cure de désintox et rechute une fois par mois.

Matheo et Jean-Marie sont sur un bateau …

Je ne comprends toujours pas pourquoi cette blague provoque autant de petits sourires et d’hilarité chez ceux qui me la racontent. Avec un prénom comme le mien, je me retrouve fréquemment dans beaucoup de blagues bien grasses et lourdes. Souvent, j’ai l’impression d’être le toto arabe. Toto, Matheo, même combat? Je ne m’en plains pas car pour moi, tant qu’il y a du rire, il y a de l’espoir. Souvent, quand les gens que je fréquente, à part mes amis, me parlent d’arabes, ils emploient les mots: beurs, tunisiens, marocains, algériens. Bref, tout pour éviter de prononcer le mot tabou. Malheureusement, ça me met mal à l’aise car je sens avoir à faire à des personnes qui ne me traitent pas d’égal à égal.

Cela m’amène à me poser la question de savoir si ces gens ont l’occasion de parler sincèrement à des arabes. J’ai appliqué depuis longtemps ce que Martin Luther King disait en parlant des « nègres ». Selon lui, ses compatriotes devaient utiliser ce mot le plus souvent possible afin qu’il se vide de son sens. Cela m’a beaucoup aidé. N’ayez donc aucun remord à appeler un chat un chat. On peut donc parler d’arabes sans être raciste, c’est rassurant non?

Matheo à Courchevelle :

Ayant gagné un concours, je me suis retrouvé un beau matin aux pieds des pistes de Courchevelle. Je n’avais jamais vu autant de neige de toute ma vie. J’étais tellement ébloui que je ne faisais pas attention aux têtes de carpes qui me regardaient passer comme si j’étais E.T. Il y a quinze ans, un arabe au ski, c’était un peu comme si Garcimore (paix à son âme) présentait le 20 heures sur TF1 ou France 2. Après de nombreuses gamelles, j’aimerais vous en raconter l’un d’elle

Deux scènes :

La première : Matheo prenant confiance et essayant des gestes pour se sentir de plus en plus à l’aise jusqu’au moment où il rencontre une petite bosse.

La seconde : deux skis plantés à moitié dans ce monticule et rien autour … pas même Matheo.

Donc, après de nombreuses chutes qui durèrent 3 jours, je commençais à goûter aux plaisirs de la glisse. Me retrouvant dans une descente assez raide, il était temps pour moi de piquer un sprint. J’étais seul face au vent et glissait de plus en plus. Après une bonne minute j’atteignis ma vitesse maximum. Le froid me paralysait tellement le visage que je fus obligé de détourner plusieurs fois mon regard de la piste. C’est à ce moment qu’un petit bambin de 7/9 ans vint à mes cotés.

Il n’avait pas de bâtons et me regardait comme s’il ne comprenait pas ce que j’essayais de faire. Le visage à moitié engourdi, au prix de gros efforts, je repris finalement une certaine contenance. A peine avais-je commencé à sourire qu’il piqua une pointe qui me fit l’effet d’avoir vu bip-bip car il me laissa quasiment sur place. Tel le coyote, je compris que mes efforts étaient vains. Cette douce sensation de vitesse n’avait duré que trente secondes et je devais m’en contenter.