Ma tête de banane flambée

Avec mon physique de merguez, et ma tête de banane flambée, il m’a fallut très tôt me faire à cette idée : je ne suis pas beau. J’aurai aimé naître avec une brushing à la John Travolta et un regard aussi pénétrant que celui d’Harrison Ford, mais ça n’a pas été le cas. A qui la faute?

Comme beaucoup, je ne peux, malheureusement, porter plainte contre mes parents. Pourtant le préjudice est réel. Un jour en classe de 5eme, une fille avec qui personne ne voulait sortir, m’a fait des avances pendant un cours. Tout le monde a ri devant mon refus. J’ai même entendu un copain me lancer ‘accepte pour une fois qu’on te propose !’

Un autre jour, un ‘ami’ me casse tellement la gueule qu’à un moment, j’ai vraiment cru qu’il essayais de me l’arranger. L’insulte qui blesse vraiment c’est ‘T’es pas fini ou quoi ?’. On plaisante on se marre, mais au fond de nous on se demande : ‘et si c’était vrai ?’. Alors on se console comme on peut, on essai de compenser par tout les moyens, de faire rire ses amis, ses lecteurs … ça aide. Quand on grandi c’est plus subtile, on nous explique que nous sommes tous éégaux et patati et patata. Pour moi, certains le sont plus que d’autres.

La scène commence par un accident impliquant une Peugeot 405 et une Mercedes:

– La femme (sortant de la Mercedes) : Monsieur, je vais être franche avec vous, j’étais au téléphone ..

– Le monsieur (sortant affolé de la 405) : Qu’est j’en ai à foutre de ti télephone ? Ma Pigeo toute neuve est déglingui. Elle est fouti maintenant!

– Attendez je vous ai juste éraflé l’aile avant droite. Mais ne vous inquiétez pas, je prends toutes les réparations à ma charge.

– T’y me prends pour un con? Moi j’y connais toute la loie et j’y parle le fransesse aussi bien que toi madame chipasquoi.

– Je vous en prie, pas de familiarité s’il vous plaît.

– Pirquoi tu veux que ma famille soit accidenti de la route aussi comme moi maintenant ? Tu cherches les noisettes?

– Non, non, je ne cherche pas les noisettes, monsieur, je vous en prie….Monsieur?

– Monsieur Mohamed Ben Lharouahlidhalimbaldi ici présent.

– …

– Et ha qui ai-je l’honnir de parler?

– Madame Oumouk .. Nadine Oumouk

– J’y te niquer ta caisse ispice de connasse. Naaadiine Oumouk toi-même ya bagra* (grosse vache)

– Il suffit. Monsieur l’agent? (elle interpelle un policier) je vous demande d’intervenir officiellement auprès de ce palfrenier sarasin.

– L’agent : Calmez-vous monsieur

– T’as entendu, j’ai pas rivé .. révi … viri? (silence) …. j’ai pas révé … elle insulte ma mère et me trâite de visage pâle, j’vais la niker monsieur l’agent, j’vais lui apprendre à parler avec la langue.

– Cher ami, calmez-vous, avec quoi voulez-vous que je parle?

– Elle a raison … monsieur?

– Monsieur Ben Lharouahlidhalimbaldi lui même … et vous ? Comment vous appelez-vous?

– C’est moi qui pose les questions, si cela ne vous fait rien …

– (réalisant qu’il parle à un agent) : Mais monsieur le flic, c’est pas gentil qu’est-ce qui l’a fait la connasse là …