Vient votre tour

Entrer en discothèque c’est dur. Le faire quand on est arabe et sans nana cela relève de la quatrième dimension. Vous êtes dans la file qui mène au paradis. Les 15 personnes devant vous passe sans aucun problème. Il y une fille pour trois mecs mais ça passe. Vient votre tour. Un grand black de 2 mètres 50 vous regarde droit dans les yeux. Vous n’êtes pas homo mais l’espace d’un instant vous essayez de le séduire.

– Le videur : Bonsoir monsieur

– Bonsoir monsieur

– Avez-vous votre carte de membre?

– La carte? Quelle carte? C’est un club ici?

– Oui monsieur, vous être dans un club privé!

– Je l’ignorais, non je n’ai pas ma carte.

– Malheureusement je ne peux vous faire rentrer, l’accès est réservé uniquement aux membres, désolé.

– Je comprends. Permettez une question?

– Oui?

– Comment devient-on membre?

– Il faut entrer et s’inscrire.

– …

Comme une tempête qui se lève à heure fixe, j’aime m’imaginer que cette conversation a lieu, tous les samedis à partir de 23h.
Heureusement tous les videurs ne sont pas aussi bornés, il m’est même arrivé de rentrer en Discothèque. A chaque fois, dès que je dépassais le gardien du temple, je le regardais plein de gratitude. J’étais tellement euphorique que le prix de l’entrée ne devenait plus un problème. C’est con l’être humain non?

Matheo le Ouf

La banlieue, c’est pas rose, la banlieue c’est morose! J’habite dans la téci Leclerc. J’sais pas ce qu’il à fait ce Leclerc, mais je trouve ça un peu chelou qu’on donne un nom de général pour une cité dortoir. Ici, tout le monde tire la tronche. Les sourires, ils ne les gardent que pour les grandes occasions (va savoir lesquelles?). L’autre jour, j’ai fait une connerie, j’ai demandé l’heure à une vielle. Elle m’a répondue mais j’ai bien vu qu’elle flippait sa race. Je ne sais pas ce qu’elle avait dans son sac, mais elle s’y accrochait.

Comme je ne suis pas un bouffon, je me dis que ça que toutes ces embrouilles finiront par passer. Mais la seule chose qui passe ici c’est un bus et encore, il n’est jamais à l’heure. Lui aussi il flippe. Quand il m’arrive d’aller faire les courses avec ma reum, le vigile me suit à la trace. Je n’ai jamais rien volé de ma vie, mais quand je vois ça, j’aime faire semblant de planquer un truc dans mon slip. Faut bien l’occuper cette pauv’ bête.

Matheo chez les Anglishs :

One day, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai décidé d’aller en Angleterre (what fool I am?). J’avais à l’époque 8 années d’apprentissage d’anglais scolaire dans mes bagages et aucune idée de ce que j’étais sur le point de faire. Ayant passé tout le voyage à réviser mon vocabulaire, je m’essayais à des dialogues improbables et des situations impossibles. Arrivé at the Victoria Station, je me décidais à avoir mon premier contact with the anglophone world. I do the queue during dix bonnes minutes for parler avec une hôtesse d’accueil. J’allais lui poser une question lorsqu’elle se mit à parler. Ce que j’entendais, n’avait rien en commun avec mes cours. She speaking too vite for me.

La situation devenait critique car je ne comprenais RIEN, mais alors NOTHING AT ALL des mots que sa bouche prononçait. “Mmmoui at the fillll foooo thi and I miss ooff ?” répétat-elle avec un air de plus en plus excédé car il y avait derrière moi des gens qui parlaient mieux anglais et qui attendaient. Un petit smile à la Harisson Ford n’y changerait rien. Perplexe, j’ai balbutié un “Thank You” with a french accent et me suis retiré. Motivé (comment ne pas l’être dans une situation si désespéré), je décidais de demander de l’aide à un passant. Aucun ne parlait véritablement français, ils marchaient trop vite.

A ce moment, j’eus comme un flash-back et me revoyais baragouiner à des anglais perdus dans Paris, des explications qui n’arrangeraient rien à leur situation, au contraire. Au bout de trente minutes je ne trouvais toujours pas un seul pékin parlant ma langue. Une vielle femme dotée d’un gabarit méditerranéen se dirigea vers moi. Il faut vous dire que je parle à peine mieux l’arabe que l’anglais. Je me vis donc parler en arabe à Victoria Station. Au bout de five days, c’est devant une marmelade rose fluo qui remuait comme une vache folle que je décidais de rentrer à Paris.